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Militer au PS, à la FFE, à Francfort, pourquoi, comment ?

Depuis quelques mois, quand arrive le point “reprise de carte” à l’ordre du jour, on entend à la section de Francfort (et certainement ailleurs) un certain nombre de “pas tout de suite, j’attends de voir ce qu’ils font”. De là est venue l’idée de cette discussion, pour comprendre ce qui manque au PS pour que les militants continuent de militer. Ce qui suit est le reflet de ce que les militants de Francfort ont dit ce soir-là sur leurs déceptions et leurs espoirs.

Pour tous, le débat sur la déchéance de nationalité des binationaux a été un élément déclencheur. Qu’un gouvernement socialiste veuille écrire dans la constitution un renoncement au principe d’égalité devant la loi pour se donner des airs sécuritaires pendant une période de crise nationale grave, cela dépasse l’entendement. Que 165 députés socialistes sur 287 votent le texte à l’assemblée nationale, et c’est notre foi dans le PS comme force politique de progrès qui s’effrite. Et dans la foulée arrive la loi El Khomri, sur laquelle les avis présents sont au mieux mitigés, au pire franchement opposés. Mais si on peut discuter des choix à faire pour une politique économique de relance, que dire de la méthode ? Tous dénoncent un gouvernement de gauche, sensé être donc du coté des travailleurs, qui cherche le passage en force avant le dialogue social sur un texte touchant au droit du travail, puis qui doit reculer sous la pression du mouvement social qu’il a déclenché.

Alors pourquoi militer au PS ? Pour les participants à la discussion de ce soir, ce ne peut pas être pour défendre les idées et les méthodes portées par le trio Hollande-Valls-Cambadélis et leurs suiveurs. A la rigueur pour faire contre-poids à cette tendance, mais il y a une limite à la quantité de couleuvres qu’on peut avaler, et pour beaucoup cette quantité est déjà dépassée.

Dès l’évocation d’une possible différentiation des Français entre les bi(ou multi)nationaux et les autres, la Fédération des Français de l’Etranger a condamné cette idée. C’est un front uni que notre fédération a opposé à ce projet de loi, et aucun des députés de la FFE n’a voté pour. Et ce n’est pas seulement au niveau des idées que la FFE se distingue. Son fonctionnement est particulièrement démocratique et ouvert. En son sein les militants s’expriment, discutent, sans se sentir sous la menace d’une censure d’un autre âge qui peut miner certaines instances du parti. Cela est probablement dû à la nature particulière de notre fédération, géographiquement éparpillée et dont les militants partagent d’avoir un éclairage de la vie politique française différent, avec un peu plus de recul et de perspective. Pour de nombreux présents, reprendre sa carte au PS permet de continuer à soutenir la FFE , en espérant que les pratiques démocratiques et ouvertes de la FFE « déteignent » petit à petit sur les instances nationales.

Au niveau local, les présents apprécient la section de Francfort pour les échanges qu’ils peuvent y avoir, et sont heureux d’avoir pu contribuer par la campagne de 2012 à faire élire notre député Pierre-Yves Leborgn’. Se retrouvant à plusieurs reprises en port-à-faux vis-à-vis du gouvernement, il a toujours voté suivant ses convictions de gauche et les intérêts des habitants de sa circonscription. Cet engagement local, tous veulent le continuer, mais il n’est pour cela nul besoin de prendre sa carte au PS.

Une condition nécessaire pour que ceux qui veulent partir envisagent de rester et que ceux qui sont encore là ne claquent pas la porte est l’organisation de primaires pour la présidentielle. Les primaires en soi ne sont bien sûr pas une recette miracle qui va d’un seul coup supprimer les jeux d’appareil qui empoisonnent la vie du parti, mais elles représentent un enjeu à la fois symbolique et systémique. Tout d’abord précisons ce qu’on entend par primaires. Pour qu’elles aient un sens et ne soient pas un exercice de légitimation automatique de la candidature de François Hollande, elles doivent être ouvertes à tout parti, organisation, personnalité de gauche. A cette condition elles permettront de proposer d’autres voies, et de faire entendre d’autres voix. On peut même espérer qu’elles enclenchent une dynamique au sein du parti, qui permette de s’éloigner des vieilles pratiques et des vieilles figures du pouvoir.

A ce sujet, et pour conclure, nous tenons à rappeler notre attachement au principe de non cumul dans le temps des mandats. Deux mandats au maximum, pour que la classe politique se renouvelle, et que finisse le règne des mandarins qui n’ont jamais connu autre chose que les arcanes du pouvoir.

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