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Réaction à l’intervention française au Mali, par Ibrahim Doumbia.

DEPUIS 1885 : LA FRANCE FIDELE

L’ONU par le biais de son Conseil de sécurité, votait le 20 décembre une résolution autorisant l’envoi au Mali d’une force internationale, seulement l’ONU n’avait pas prévue ce déploiement dans l’immédiat.

La descente éclair, dès le 8 janvier, d’Al-Qaida au Maghreb et de ses alliés vers le sud du Mali, a brusquement précipité les choses, incitant l’ONU à demander la mise en place rapide d’une force internationale.

On apprenait le 10 janvier que la France lançait une opération de soutien aux forces maliennes. Quelles forces maliennes ? S’il existe une vraie armée malienne, pourquoi s’impose-t-il un problème d’intégrité territoriale ? Pourquoi c’est la France qui intervient au Mali ?

La France aurait-elle accepté qu’une autre puissance militaire la devance sur le sol malien ? A cette question, quiconque connaissant l’histoire entre la France et le Mali répondra clairement par un NON.

Trois semaines après le début de l’opération Serval, les forces françaises et « maliennes » sont entrées dans Tombouctou, ville située à 900 km de Bamako. Samedi 26 janvier, les soldats français avaient déjà repris Gao, un autre bastion islamiste de la « boucle du Niger ».

« Nous sommes en train de gagner cette bataille », a assuré lundi 28 Janvier François Hollande. N’est-ce pas que la France seule au Mali fonctionne à merveille ? Les partenaires de la France ne savent-il pas que la France souhaite rester seule sur ce territoire ?

La communication parfaite du gouvernement français, reprise sans questionnement par les principaux médias, a réussi à légitimer par tous les moyens la présence française sur le sol malien.

Des avions de transport français déposaient sur le tarmac une centaine de soldats tchadiens et nigériens, et maliens. A leurs côtés se tenait le maire de Gao, agitant un petit drapeau français devant une caméra de télévision : bien orchestrée, l’opération de communication a permis de parachever le succès militaire. Est-il compliqué de comprendre que le Niger, le Tchad, le Mali sont depuis 1885 parmi les partenaires de gré ou de force de la France ?

Cette nouvelle intervention militaire française en Afrique démontre le trou béant de plus de 50 années de « coopération » avec l’Afrique : armées incapables de protéger leurs populations, chefs d’Etat médiateurs de crises eux-mêmes putschistes et grands délinquants politiques, accords de défense et bases militaires que la France s’est historiquement octroyées qui ont perpétué la présence française sur ce continent maudit. On ne peut qu’admettre l’incapacité des institutions africaines à organiser la moindre opération de sécurisation dans la région sans avoir recours à la puissance française. La France n’a-t-elle pas finalement raison ?

Saura-t-on un jour en Afrique avouer aux populations qu’il n’existe pas encore d’indépendance ? Arrêtons de nous lamenter sur le sort de l’Afrique. Amadou Kourouma disait : « Où a-t-on vu Dieu s’apitoyer sur le sort des pauvres »

Amitiés

Ibrahim Doumbia

 

L’article au format pdf : article_mali_ibrahim

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