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The Economist et la campagne – 1ere partie

Il y a de cela 2 semaines, je recevais coup sur coup deux articles de The Economist, envoyés par une amie Roumaine vivant en Ecosse. Le premier était un reportage partisan, un brin moqueur et sans grand intérêt sur un meeting de François Hollande, et le deuxième, beaucoup plus long, se voulait une analyse de la faiblesse des programmes économiques des principaux candidats à l’élection présidentielle – http://www.economist.com/node/21551461.

Depuis, le numéro du journal libéral consacré aux élections françaises a fait un peu de bruit dans l’hexagone, les medias français en rendant compte avec plus ou moins de complaisance suivant leur orientation politique…

La thèse principale développée par The Economist dans l’article mentionné est que l’économie française court un grave danger, et que les candidats à la présidence l’ignorent.

Pour appuyer son propos, l’auteur commence par signaler que la France a un des taux de dépense publique en % du PIB les plus élevés de l’OCDE, comparable à celui de la Suède. Puis enchaîne en reprochant à la France de se comporter comme si ses finances étaient celles de la Suède ou l’Allemagne, quand elles ressembleraient plutôt à celles de l’Espagne.

Première contre-verité, comme l’auteur de l’article lui-même doit le reconnaître, puisque les niveaux de dette de la France et de l’Allemagne sont similaires (autour de 80% du PIB pour l’Allemagne, 85% pour la France) et légèrement en dessous de la moyenne de la zone euro (87,4%). La dette espagnole est, elle, nettement plus faible : de l’ordre de 65%. – données : eurostat.

Puisque son propos est contredit par les chiffres, l’auteur rappelle alors qu’une agence de notation a privé récemment la France de sa note AAA. Il s’agit de Standard and Poor’s, qui s’était rendue célèbre l’année dernière en dégradant la note des USA. Si les Etats-Unis d’Amérique ne sont pas considérés comme un des plus sûrs débiteurs, je me demande bien à qui on peut prêter de l’argent sur cette planète… Enfin, la cour des comptes a prévenu que si des mesures difficiles ne sont pas prises, la dette risque d’atteindre 100% en 2015 ou 2016. Certes, mais d’ici-là justement, on espère bien que le nouveau président Français va prendre des mesures afin d’aider au redressement de l’économie !

Le paragraphe suivant souligne la perte de compétitivité du prix du travail en France par rapport à l’Allemagne au cours des 10 dernières années. L’auteur suggère les niveaux trop hauts de charge en France pour expliquer cette divergence (refrain connu…), mais « oublie » de mentionner que l’Allemagne est l’un des 7 pays de l’union européenne a ne pas avoir un salaire minimum ! C’est non seulement la France, mais le reste de l’Union Européenne et plus particulièrement de la zone euro qui a souffert de la distorsion créée par ce nivellement par le bas des salaires allemands dans les dernières années. L’Allemagne elle-même, en augmentant ainsi sa proportion de salariés mal payés et précaires, rend sa croissance de plus en plus dépendante des exportations – exportations mises à mal si ses voisins de la zone euro sont en situation de récession quasi-permanente.

Puis, pêle-mêle, on apprend que les problèmes de la France sont dus à l’égalité de tous devant les services publics, à une couverture sociale trop généreuse, à une administration démesurée…

Conclusion temporaire : la question est comment alléger le poids des impôts et charges sociales pour favoriser l’entreprenariat et la création d’emploi ? Question que, selon l’article, les candidats à la présidence évitent de poser dans leur campagne. C’est là la grande supercherie de l’auteur, qui veut nous faire croire que parce que ceux-là ne proposent pas SES solutions à la crise, ils font preuve d’aveuglement et mentent à leurs électeurs. Je reviendrai là-dessus dans ma prochaine note de blog.

 

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